Communiqué de presse
La « diffamation des religions » devient un outil de répression des minorités religieuses
La Suisse pointée du doigt par ceux qui ne respectent pas la liberté religieuse
Le Réseau évangélique suisse exprime sa déception face à l’hypocrisie de certains Etats du Conseil des droits de l‘homme qui ne respectent pas la liberté religieuse, mais se permettent de faire des remontrances aux autres. Dans la résolution adoptée par le Conseil des droits de l’homme, la protection de la religion passe avant la protection des individus.
Zürich/Genève, le 27 mars 2010 (mm/th) - Le 25 mars 2010, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, réuni en séance plénière à Genève, a adopté une résolution présentée par le Pakistan au nom de l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI). Cette résolution, intitulée « Lutter contre la diffamation des religions » a obtenu 20 votes favorables, 17 oppositions, et 8 absentions. Dans une allusion évidente à la récente décision du peuple suisse, la résolution « condamne énergiquement […] l’interdiction de construire des minarets et d’autres mesures discriminatoires récemment prises, qui sont des manifestations d’islamophobie profondément contraires aux obligations internationales découlant des droits de l’homme […] ». La Suisse a répondu le lendemain, en affirmant que « la décision du peuple suisse n'est pas une marque d'hostilité ni envers la communauté musulmane, ni envers sa religion ou sa culture ».
Le Réseau évangélique suisse constate que parmi les Etats qui critiquent implicitement la Suisse pour avoir interdit la construction de minarets figurent des pays où les minorités religieuses, et en particulier les chrétiens évangéliques, sont persécutés. Selon une étude récente[1], 64 Etats représentant 70% de la population mondiale exercent des restrictions élevées, voire très élevées en matière religieuse. Or, sur les 20 Etats qui soutiennent la résolution, 8 font partie de cette triste liste[2]. Et sur les 14 Etats du Conseil des droits de l’homme figurant sur l’index des pays où les chrétiens sont persécutés[3], 13 ont voté en faveur de la résolution[4] !
« Certes, la Suisse peut être critiquée, et notre pays doit veiller à préserver sa tradition d’ouverture, de tolérance et d’accueil », reconnaît Norbert Valley, président du Réseau évangélique suisse. « Mais en Suisse, changer de religion est possible. Et proclamer sa foi publiquement et pacifiquement est autorisé. En revanche au Pakistan ou ailleurs, les individus, y compris musulmans, sont menacés s’ils critiquent l’Islam. Et s’ils quittent l’Islam pour rejoindre une autre religion, ils risquent leur vie. » Au Maroc, autre Etat à favorable à cette résolution, des étrangers travaillant dans un orphelinat ont été expulsés au début de ce mois – soi-disant parce qu’ils propageaient la foi chrétienne –, sans pouvoir contester la légalité de cette décision.
Avec cette résolution, l’OIC veut faire pression sur les Etats occidentaux. Ces derniers devraient interdire la critique de l’islam. De l’autre côté, cette résolution justifie les lois sur le blasphème, telle qu’il en existe par exemple au Pakistan. Comme le montre l‘exemple pakistanais, ces lois visant à « protéger une religion » deviennent en fait des outils de répression des minorités religieuses, et un prétexte pour bafouer les droits humains. Ce vote décrédibilise malheureusement le Conseil des droits de l’homme, qui devient ainsi l’otage des pays qui ne les respectent pas.
Le Réseau évangélique suisse (RES) est un mouvement qui regroupe environ 550 Eglises évangéliques et paroisses réformées en Suisse, 150 organisations chrétiennes ainsi que des membres individuels au sein de 77 sections locales. En Suisse alémanique, il apparaît sous le nom de Schweizerische Evangelische Allianz (SEA). Avec ses deux branches régionales, il représente quelque 250'000 chrétiens de conviction évangélique en Suisse, dont plus de 40'000 pour la Suisse romande. Au plan international, il est affilié à l’Alliance évangélique mondiale, qui représente quelque 430 millions de chrétiens avec ses 127 alliances nationales.
M. Norbert Valley, président du RES, se tient à votre disposition pour de plus amples renseignements.
Coprésident national: Norbert Valley, Gland, 079 250 24 79, norbertvalley@bluewin.ch
Coprésident national: Wilf Gasser, Berne, 079 645 29 44, wi.gasser@bluewin.ch
Secrétaire général national: Hansjörg Leutwyler, Zürich, 043 344 72 00, 079 671 07 06, hleutwyler@each.ch
Secrétaire général romand: Jean-Paul Zürcher, Genève, 022 890 10 30, 078 669 18 55, jpzurcher@each.ch
[1] Pew Research Center, Global Restrictions on Religion, décembre 2009
[2] A savoir la Chine, Cuba, l’Egypte, l’Indonésie, la Jordanie, le Pakistan, la Russie et l’Arabie Saoudite.
[3] Un index établi par Portes Ouvertes, une organisation au service des chrétiens persécutés
[4] A savoir le Bahreïn, le Bangladesh, la Chine, Cuba, Djibouti, l’Egypte, l’Indonésie, la Jordanie, le Kirghizstan, le Nigéria, le Pakistan, le Qatar et l’Arabie Saoudite. Parmi les pays figurant dans cet index, seule l’Inde s’est abstenue.