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La Suisse, nation chrétienne ? Eclairage politique druckerfreundlich
Publikations Datum: 27.04.2010

Conférence annuelle du Réseau évangélique suisse, samedi 24 avril 2010

 

 

La Suisse est-elle une nation chrétienne ?

 

Contribution orale de M. Maximilien Bernhard, politicien, en introduction au débat de la table-ronde[1]

 

 

 

Réponse « OUI, mais ». La Suisse n’est pas une nation chrétienne à proprement parlé, mais une terre chrétienne.

 

Explicitement, en préambule de notre Constitution fédérale qui commence par « Au nom de Dieu Tout-Puissant! » et qui donne le ton pour les articles qui suivent. Même s’il est vrai que pour certains de nos concitoyens, il s’agit d’une référence à un Etre supérieur qu’ils ne définissent pas forcément comme le Dieu des chrétiens.

 

Mai c’est surtout implicitement que la Suisse est une terre chrétienne, et il convient dès lors d’assumer notre identité. Le christianisme est à la base de la construction des valeurs de notre société. Or, comme on le sait, la religion chrétienne a joué un rôle considérable dans notre pays, notamment au niveau de nos institutions. Nos codes civil et pénal, ainsi que bon nombre de lois s’inspirent de ses principes dans une large mesure. Il convient dès lors d’assumer notre histoire, notre identité et notre culture judéo-chrétienne, et ne pas y renoncer, notamment dans l’enseignement.

 

Un autre exemple de l’aspect implicite est la votation du 29 novembre dernier sur la question des minarets. Il y a eu un véritable réflex identitaire de nombreux votants. L’étude VOX qui a suivi la votation a mis en évidence le symbole de conquête islamique contre lequel la population a voté, et non pas contre des personnes.

 

Bien qu’étant une terre chrétienne, la Suisse est un Etat neutre sur le plan confessionnel, et non pas laïque. La différence est assez subtile. La première permet aux cantons qui le souhaitent de reconnaître officiellement telle ou telle confession. Il s’agit la plupart du temps des Eglises catholique et protestante, et, comme c’est le cas dans le canton de Vaud par exemple, de la communauté israélite. D’autres communautés pourraient être reconnues. Il y a entre autre la demande de la Fédération évangélique vaudoise qui est pendante au sein de l’administration cantonale. La laïcité quant à elle engendre une séparation claire de l’Eglise et de l’Etat, comme c’est le cas par exemple dans les cantons de Genève et Neuchâtel. La laïcité peut engendrer des dérives, comme c’est le cas par exemple en France où on assiste à une véritable chasse aux symboles religieux.

 

En tant que député au Grand Conseil vaudois, je fais partie d’un groupe thématique qui se retrouve quelques fois par année et qui traite des questions en rapport avec la religion. En font partie des députés et des représentants des Eglises officielles et de la communauté israélite. Se pose actuellement la question de l’enseignement de l’histoire biblique à l’école obligatoire. Les avis divergent. Certains sont disposés à renoncer à l’inscription explicite, dans la loi, de la prééminence de l’histoire du christianisme dans l’enseignement, contrairement à d’autres, tel que celui qui vous parle, qui demandent que l’histoire biblique demeure prépondérante. Le canton du Jura l’a d’ailleurs fait en introduisant, dans la loi, l’enseignement de l'histoire des religions, avec un accent particulier sur l'histoire du christianisme. C’est un des paradoxes auxquels on assiste actuellement. D’un côté, une grande majorité de la population qui reste très attachée à son identité chrétienne, et de l’autre une partie des politiques qui veulent progressivement ôter toute référence au christianisme dans l’enseignement.

 

Pour conclure l’introduction, je dirai encore trois choses. La première est que les réformes institutionnelles les plus importantes se sont produites lors d’un réveil spirituel sur une nation, et il importe de continuer à prier dans ce sens, tant pour la Suisse que pour l’Europe entière. Entre temps, certains s’engagent pour séculariser le plus possible la religion, alors que d’autres se battent pour préserver des acquis.

 

La seconde chose est qu’il est essentiel de garantir la liberté religieuse dans notre pays, comme c’est le cas actuellement. Pour rappel, rien n’a changé dans la pratique de la religion depuis le 29 novembre dernier. Les musulmans continuent à se rendre librement à la mosquée. Cette liberté est garante de la paix religieuse.

 

Et enfin, la troisième chose, qui rejoint la position de Tom Bloomer, est de rédiger des propositions se basant sur des principes bibliques qui peuvent tout à fait rallier une majorité, et que des partis d’obédience chrétienne tel que l’UDF peuvent effectuer ou soutenir. Quelques exemples. Dans le cadre de la famille, soutenir le congé maternité et les minimaux des allocations familiales. Politique anticyclique en matière de finances publiques se basant sur le principe des vaches grasses et des vaches maigres. Lutte contre les dépendance : s’opposer à la dépénalisation de la consommation du cannabis. Protection de la vie : forte réticence du personnel de la santé de voir des associations telles qu’Exit débarquer dans les hôpitaux ou les EMS.

 

 



[1] Tout droit de reproduction est soumis à autorisation de l’auteur.

Réseau évangélique suisse (RES), Case postale 23, 1211 Genève 8, Tél. 022 890 10 30, Fax 022 890 10 31, E-mail contact@each.ch, CCP 10-22381-5