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Les musulmans en Suisse druckerfreundlich
Publikations Datum: 01.05.2001

Les musulmans en Suisse


Informations et suggestions à l'adresse des chrétiens


1. Les relations avec les musulmans

1.1. Introduction

"Venez, s’il-vous-plaît, venez vite et regardez" dit un écolier particulièrement excité à la monitrice qui accompagne l'instituteur. "Je ne peux pas manger ici", dit-il en pointant du doigt un crucifix suspendu à la paroi. L'élève est irrité et précise qu'il lui est interdit de manger dans une pièce où il y a une croix. Celle-ci doit être immédiatement enlevée. Les autres camarades de classe arrivent, soutiennent et appuient l'exigence du requérant. Huit élèves sur neuf viennent d'un pays musulman. Que doit faire l'instituteur très étonné?

Un musulman d'origine turque cherche un logement pour sa famille à Genève. Il en trouve un qui lui convient et décide de le louer. Lorsque le propriétaire apprend que la femme porte continuellement le foulard islamique, il n'est plus disposé à leur établir un bail à loyer. Il ne peut tout simplement pas supporter les femmes avec le foulard islamique. Plusieurs mois passent avant que la famille turque ne trouve un logement adapté.

De tels événements, auxquels sont confrontés des enseignants(1), des employés, des entrepreneurs, des politiciens sont de plus en plus fréquents et exigent une réflexion sérieuse et des décisions adéquates. Quelles doivent être leurs réactions face à l'influence et aux exigences de musulmans ou de groupes islamiques? Quels sont les arrière-plans et les conséquences de ces changements culturels et religieux devant lesquels nous devons réagir en tant que société occidentale marquée avant tout par la tradition chrétienne?

Ce document propose une aide d'orientation pour favoriser la compréhension réciproque entre chrétiens et musulmans et, là où cela est possible, diminuer les craintes. La présentation de l'islam dans ce document correspond à l'enseignement sunnite(2). Nous nous sommes efforcés de présenter les thèmes de manière neutre et le plus objectivement possible.


1.2. Des problèmes rencontrés par les non-musulmans face aux musulmans

En Suisse les non-musulmans ont en général peu de connaissances des règles régissant les données culturelles et religieuses des musulmans venant de pays islamiques. Nous avons des difficultés linguistiques qui nous empêchent de nous comprendre. Les revendications des musulmans irritent les gens d'ici, comme par exemple leur besoin de mosquées, de cimetières réservés ou leurs exigences d'un lieu de prière à leur place de travail. Nous avons peu de compréhension pour leurs vœux particuliers dans les écoles ou la vie publique, là où les musulmans attendent une prise en considération de leurs obligations religieuses. Ils attendent de la tolérance, mais ne sont pas prêts à faire preuve de réciprocité.


1.3. Des problèmes rencontrés par les musulmans face aux non-musulmans

Les musulmans qui immigrent en Suisse ne connaissent souvent ni la culture, ni la religion des non-musulmans d'ici. Il est difficile pour un musulman de comprendre que la religion est considérée comme une affaire privée et qu'elle est séparée de la vie publique. Les immigrants doivent se frayer leur propre chemin dans ce pays, sans avoir reçu aucune instruction quant à notre mode de vie. Les ressortissants des pays islamiques se trouvent confrontés à un environnement où le style de vie est dominé par la laïcité(3) et le capitalisme. La plus grande difficulté pour les musulmans est, de manière répétée, la réserve ou le refus que les non-musulmans leur opposent lors de la location d'un logement, de l'embauche ou de l'intégration dans des activités sociales.



2. Des chiffres et des faits concernant les musulmans en Suisse


2.1. Les provenances, l'accroissement et le développement

Le nombre de musulmans, et la perception que l’on a de l'islam, a profondément changé en Suisse durant ces 30 dernières années. Au début des années 70, moins de 20'000 musulmans vivaient en Suisse. En l'an 2000, ils sont probablement plus de 250'000. L'islam est devenu la deuxième religion du pays par son importance numérique. Les musulmans de Suisse ne forment pas un groupe homogène et ils sont d'origines très diverses. Ils parlent différentes langues, sont marqués par plusieurs cultures et particularités ethniques. En 1990(4) les pays d'origine des musulmans étaient les suivants: Turquie (43%), Ex-Yougoslavie (36%), Maghreb (Maroc, Algérie, Tunisie) (4%), Liban (3%) et autres pays (14%).

Le nombre de personnes domiciliées en Suisse provenant d'Etats avec un arrière-plan islamique a fortement augmenté entre les années 1990-2000. Ces gens venaient principalement du Maroc, d'Afghanistan, du Pakistan, d'Indonésie, d'Irak, du Bangladesh et d'Albanie. En raison de la guerre des Balkans, le nombre de demandeurs d'asile venant des pays islamiques a connu une forte augmentation durant les années 90. Suite au retour des Kosovars, on observe une baisse du nombre de musulmans en Suisse.

La tendance actuelle démontre que les musulmans désirent rester en Suisse à long terme. Les réflexions actuelles ne se limitent plus seulement aux "musulmans étrangers", mais elles concernent aussi les "musulmans suisses". Ici et là des citoyennes et citoyens suisses embrassent l'islam comme nouvelle religion, que ce soit par conviction ou pour des raisons pratiques (mariage, enfants). En Suisse, les cantons qui comptent le plus grand nombre de musulmans sont ceux de Zürich, d'Argovie, de St-Gall et de Berne. Si les personnes d'origine turque vivent surtout en Suisse allemande, celles d'Afrique du Nord résident plutôt en Suisse romande.


2.2. Les tendances religieuses

Il n'existe pas de statistiques concernant les tendances religieuses des musulmans en Suisse (ou de leur appartenance à telle ou telle branche de l'islam). Une chose est sûre, la majorité des musulmans est d'origine sunnite(5). Une minorité appartient à la foi schi'ite(6) et en comparaison à leur étendue mondiale le mouvement Ahmadiyya(7) est relativement bien représenté dans notre pays. C'est grâce à la liberté religieuse de notre pays que ce groupe est actif dans la propagande religieuse. Le soufisme(8) a toujours plus d'influence. Les Suisses montrent de plus en plus d'intérêt pour cette face mystique de l'islam et deviennent des adhérents.

Comme dans toute religion, il y a un éventail de convictions religieuses parmi les musulmans, depuis les fondamentalistes jusqu’aux musulmans nominaux. Ils sont marqués par leurs différentes provenances. Les musulmans albanais qui n'avaient aucune possibilité de se familiariser avec l'islam sous le régime communiste ne sont musulmans que de nom, alors que d'autres venant d'un environnement religieux strict, comme au Pakistan, ont normalement une profonde conviction de foi. D'autres encore viennent de régions fortement islamisées avec un Etat attaché aux pratiques religieuses fortes (Iran, Pakistan, Bangladesh, etc.). Ils ont une autre approche politique que ceux des pays ex-communistes où, en Turquie par exemple, la politique officielle et la religion sont séparées et où la législation correspond largement à ce qui se vit en Suisse.


2.3. Quelques motifs de l'immigration

Comme d'autres Etats occidentaux, la Suisse est aussi un endroit privilégié pour beaucoup de musulmans étrangers en vue d'un séjour soit momentané ou à long terme. Les uns viennent en tant que réfugiés de régions en crise ou en guerre (par ex. le Kosovo), d'autres n'ont aucun espoir d'une amélioration économique dans leur pays (par ex. l'Albanie), d'autres encore répondent aux appels de main-d'œuvre (Turquie). Enfin un dernier groupe considère l'expansion de l'islam à l'Ouest comme un devoir religieux. Selon la conception musulmane, l'Occident vit une décadence et a besoin de l'islam pour trouver la solution à ses problèmes(9). Certains musulmans viennent aussi pour recevoir des soins médicaux de qualité ou désireux de suivre une bonne formation en Suisse.

 

3. Différences et sujets de tension


3.1. La mission et la compréhension de la paix

En ce qui concerne la compréhension de la mission et de la paix, ainsi que la représentation d'un règne futur, il y a des différences fondamentales entre le christianisme et l'islam. La théologie chrétienne enseigne que le royaume de Dieu a commencé avec Jésus, il y a 2000 ans, de façon invisible et qu'il se manifestera visiblement dans l'avenir par un nouvel environnement spirituel. Les chrétiens ont la conviction qu'ils doivent certes s'impliquer au mieux sur cette terre, selon leur âme et conscience, pour la paix, la justice et la sauvegarde de la création. Mais ils savent aussi que cette terre disparaîtra à la fin des temps car Dieu créera un monde nouveau. La tâche principale de l'Eglise est de montrer aux hommes le chemin vers une relation personnelle avec Dieu par Jésus-Christ, où chaque homme est libre et responsable de sa décision d'accueillir ou refuser l'offre du salut de Christ.
Les chrétiens sont appelés à transmettre à tous les hommes le message de paix du salut en Jésus-Christ (Mt 28. 18-20). Selon l'exemple de Jésus-Christ, présenté dans le Nouveau Testament, la tâche missionnaire doit être accomplie de manière pacifique. Dans le passé, des chrétiens ont malheureusement aussi répandu ce message en utilisant la violence.

De son côté, la théologie islamique enseigne que le futur "Règne d'Allah(10)" est le monde présent qui doit être converti à l'islam! "L'appel de l'islam" représente pour les musulmans une partie des efforts demandés par Allah(11). Dans les médias occidentaux "l'appel de l'islam" est traduit la plupart du temps par "guerre sainte(12)". Le Coran évoque d'un côté l'invitation paisible (Sourate 16,125) adressée aux non-musulmans, mais d'un autre côté, il appelle à la lutte armée (Sourate 9,5). On peut actuellement observer des exemples de cette violence au Soudan, en Indonésie et au Nigeria. L'appel à se soumettre à la volonté d'Allah, avec un accent violent, a pour but de gagner le monde entier au règne d'Allah.

L'islam partage le monde en deux parties:

Dar-ul-Harb (la maison de la guerre): les régions du monde qui ne sont pas encore soumises à l'islam. Ces régions doivent être dominées(13) par tous les moyens disponibles.

Dar-ul-Islam (la maison de l'islam). Ce sont les régions du monde où l'islam est déjà implanté et qui appliquent la loi islamique (shari'a)(14).

Pour le musulman croyant, la paix régnera quand tous les hommes seront soumis à l'islam et que la shari'ia sera introduite. L'invitation à devenir musulman a pour but, non seulement la conversion individuelle mais elle cherche aussi à influencer les institutions, les organismes politiques et les structures sociales pour les mettre au service de l'islam.


3.2. L'Etat et la politique

Depuis les débuts de l'islam, il n'y a pas eu de séparation entre la religion et l'Etat, entre la religion et la politique(15). Selon la conception musulmane toutes les données doivent être déterminées par l'islam et ses valeurs. Les structures gouvernementales sont souvent autoritaires voire dictatoriales. Bien qu'il existe des Parlements dans beaucoup d'Etats islamiques, leurs compétences sont limitées à celles d'organes consultatifs ou de ratification. Tout le pouvoir, même celui du Législateur, est entre les mains de l'Exécutif. Dans ce sens, l'Etat islamique n'est pas une démocratie (du grec: le pouvoir appartient au peuple). Par ailleurs, l'islam ne reconnaît pas les bases de la démocratie qui garantissent l'égalité et la liberté à tous les citoyens.

En Suisse, les musulmans apprécient le libéralisme de la juridiction occidentale et ils en font volontiers usage. Ils accentuent le fait qu'ils reconnaissent les constitutions libérales. La question se pose de savoir si une telle situation subsisterait si la société musulmane devenait majoritaire. Les libertés offertes sont critiquées par beaucoup de musulmans, car elles sont refusées dans leurs pays d'origine.

Fondamentalement l'Etat démocratique, la Suisse incluse, doit traiter toutes les personnes sur un pied d'égalité, indépendamment de leur provenance ethnique, religieuse ou culturelle (selon le principe de la non discrimination)(16). La Constitution garantit le pluralisme culturel, bien que la majorité du peuple ne le ressente pas comme un enrichissement, mais plutôt comme une charge. Cependant, dans l'intérêt de la Constitution de l'Etat, la tolérance à l'adresse des différentes manières de vivre ne peut pas être illimitée. L'Etat a le devoir de protéger les victimes. Ainsi il se doit d'intervenir, si un châtiment corporel est démesuré ou si l'excision des jeunes filles (ou des jeunes femmes) est pratiquée pour des principes religieux.


3.3. Les Droits de l'homme et la liberté religieuse

En Suisse, toute personne a la liberté d'adhérer à une religion, d'abandonner celle-ci pour choisir une autre orientation religieuse ou même de n'avoir aucune religion. Les parents ont le choix de donner ou non une instruction religieuse à leurs enfants. A partir de l'âge de 16 ans, les enfants ont le droit de choisir eux-mêmes la religion qui leur convient. Ces libertés sont garanties par la Constitution et par le Code Civil.

Dans les pays islamiques, la réflexion n'est pas conduite à partir des Droits de l'homme et de la pensée libérale qui les a marqués, mais selon le droit divin (théocratie). Dans un Etat islamique, le non-musulman bénéficiera uniquement des droits que lui accordent le Coran et la loi islamique. Le droit de changer librement de religion ne peut traditionnellement pas être reconnu par la communauté islamique (Umma). Les non-musulmans ont la possibilité de se convertir à l'islam, mais celui qui voudrait quitter l'islam pour une autre religion devient parjure et commet une haute trahison vis-à-vis de l'Etat, car l'islam est le "fondement immuable de l'Etat". Si un musulman change de religion il est passible de la peine de mort et dans bien des pays il encourt réellement la peine capitale. Ou encore, on attendra de la famille qu'elle mette elle-même à mort la personne qui a quitté l'islam. Le changement de religion pour un musulman n'est pas considéré comme une affaire privée, ni par sa famille, ni par son entourage ; c'est toujours un acte public et politique.


3.4. Le mariage et la famille

La position de la femme est très complexe au sein de l'islam. Cette position varie d'un pays à l'autre. Même à l'intérieur d'un même pays, il y a de grandes différences entre la ville et la campagne. Le Coran proclame la suprématie de l'homme sur la femme, cette dernière lui devant obéissance et soumission(17). Le système patriarcal se base sur cette position forte de l'homme par rapport à la femme. Le port du voile, l'exclusion totale ou partielle de la femme dans la vie publique, ainsi que la polygamie sont les signes caractéristiques de l'oppression de la femme et amenuisent sa place dans la société. Les différentes affirmations coraniques(18) à ce sujet ont été en tout temps l'objet de vives confrontations.

La famille a une grande importance pour la propagation de l'islam. Il est recommandé à chaque musulman de se marier. Mahomet a donné l'ordre aux hommes de contribuer à l'accroissement de leur race au travers du mariage. Le musulman peut avoir jusqu'à quatre femmes au maximum, à condition de les traiter avec égalité et de pourvoir de la même manière aux besoins de logis, de nourriture et de vêtement(19) pour chacune d'elles. La révélation, qui interdisait au départ le mariage avec des personnes d'une autre religion (Sourate 2,221), a été modifiée ultérieurement en faveur de l'homme: il peut désormais épouser aussi des juives et des chrétiennes.

En cas de divorce, l'homme est encore favorisé. Il faut cependant préciser que la polygamie n'est pas un devoir mais une option. Dans certains pays elle n'est que rarement pratiquée. Actuellement de plus en plus d'hommes, spécialement dans les pays occidentaux, optent pour la monogamie. Dans les pays non-islamiques, les lois ne sont bien souvent pas appliquées et une position plus libérale prédomine vis-à-vis de la femme. Beaucoup de prescriptions qui s'adressent aux femmes n'ont pas une origine religieuse mais relèvent plutôt de données culturelles qui remontent à la période pré-islamique.

Il ne fait aucun doute que dans la culture islamique la femme a une position inférieure. Elle n'apparaît quasiment jamais dans la vie publique d'un grand nombre de pays islamiques. Dans ces régions, il y a encore aujourd'hui des femmes qui, après leur mariage, ne quittent plus leur maison si leur mari trouve cela indécent. La raison est liée à la répartition traditionnelle des rôles: le mari doit pourvoir à l'entretien de sa famille, alors que la femme est responsable du ménage et des enfants. Cette répartition des rôles est évaluée différemment par les musulmans et les non-musulmans. Elle n'apparaît pas de manière expressive dans le Coran. Les uns voient dans cet état de choses un emprisonnement, une oppression ou une forme d'esclavage de la femme. D'autres relèvent la stabilité de la famille musulmane et la protection de la femme dans ce cadre défini. Le Coran et le droit pénal islamique exigent la punition corporelle pour les méfaits tels que l'adultère et le vol. Lors du divorce et des questions d'héritage il y a d'importantes différences entre les lois islamiques et le droit civil suisse, au détriment de la femme.

 

4. Des prises de position sur des questions de société

Les thèmes suivants sont complexes et ne peuvent recevoir des réponses toutes faites. Quand des musulmans soumettent une revendication aux autorités, voici une procédure générale que l'on peut leur recommander:

1. Des personnes compétentes clarifient l'origine et l'étendue
 
  de la revendication.

2. Si la revendication relève du domaine religieux, si les
 
  musulmans font appel au Coran ou à leurs traditions, il faut
    définir avec exactitude si elle correspond à ces éléments.

3. Si la revendication est de nature culturelle, il faut également 
    l'examiner sur la base de sa justification.

4. Le droit suisse doit être expliqué en détail aux musulmans.

5. Les musulmans doivent également être prêts à faire des
    concessions et à accepter des compromis. En général quand
    la prise en compte de leurs vœux est trop étendue, les
    musulmans comprennent cette attitude comme un manque de
    conscience de la part des chrétiens.

6. Si un arrangement est trouvé, l'autorité de surveillance doit 
    s'assurer de sa mise en pratique. En cas de
    dysfonctionnement, les démarches nécessaires doivent être
    entreprises.


4.1 La reconnaissance en tant que communauté religieuse

En Suisse, nous devons malheureusement constater que, même s’ils sont voisins, chrétiens et musulmans ne connaissent que très peu la religion et la culture des autres. Nous souhaitons que l’on remédie à ce manque de connaissance mutuelle. Il sera ainsi plus facile de trouver des compromis, ce qui facilitera la vie sociale. Celui qui connaît son prochain est en mesure de lui témoigner de la compréhension et du respect. Il peut alors évaluer dans quelle mesure il peut répondre aux souhaits et aux exigences de l'autre. Rappelons que les communautés islamiques ont le devoir de se conformer aux obligations du droit privé, mais qu’elles jouissent des mêmes droits que les Eglises de professants ou que toute autre association.


4.2. Les écoles et l'enseignement de l'islam

La Constitution fédérale accorde le droit de principe de dispenser un enseignement religieux islamique dans les écoles publiques. De même rien ne s'oppose à la construction d'écoles privées islamiques où cet enseignement serait donné. Pour cela, les conditions suivantes doivent être observées et appliquées par toutes les parties: l'élaboration et la ratification des plans d'études, la manière d'enseigner, la formation des enseignants et l'inspection scolaire. Il faut aussi veiller à ce que durant l'enseignement il n'y ait pas d'affirmations discriminatoires ou méprisantes à l'égard des autres religions.


4.3. La construction de mosquées et l'appel à la prière

En Suisse, les musulmans ont le droit de construire des mosquées. Il va de soi que les musulmans, comme d'ailleurs tous les citoyens suisses, doivent se conformer aux lois et ordonnances régissant la construction.

La pratique de l'appel public à la prière doit être refusée, car le contenu de l'appel: "Il n'y a pas d'autre Dieu qu'Allah et Mahomet est son prophète" mettrait en danger la paix religieuse. De plus, ce moyen est utilisé pour la propagande islamique. Même au nom de la tolérance, cette pratique sort du cadre admissible.


4.4. Les cimetières et les inhumations islamiques

La question des cimetières musulmans est un thème actuel dans plusieurs villes et régions de Suisse. Selon le rituel islamique, le visage d'un mort doit être orienté en direction de la Mecque. Les ossements de la dépouille mortelle ne peuvent pas être enlevés de la tombe. Cette exigence du droit de "reposer pour toujours" conduit à des problèmes. Les associations musulmanes doivent être prêtes dans ce domaine à faire des concessions et accepter des compromis. Nous sommes d’avis que les tombes des musulmans doivent aussi pouvoir être réaménagées, puis réutilisées après un certain temps, étant donné qu’il y a également beaucoup de tombes, dans les cimetières du monde arabe, qui ne sont pas marquées. Là-bas, le terrain peut être réutilisé à tout moment.


4.5. Les musulmans dans les établissements publics

Là où c'est possible, les établissements publics tels que hôpitaux, jardins d'enfants, homes pour personnes âgées et prisons tiennent compte des prescriptions alimentaires islamiques. Dans beaucoup de situations aussi, il existe des possibilités pour que les musulmans trouvent eux-mêmes des solutions. Les établissements publics ne devraient toutefois pas se laisser mettre sous pression, se devant de respecter la neutralité religieuse. L’autorisation pour des lieux de prière islamiques dans ces établissements est problématique. Rien n’empêche cependant d’ouvrir l'accès à ces établissements aux aumôniers islamiques dans la mesure où ils respectent les dispositions de l'hôpital dans le domaine du prosélytisme.


4.6. La prière commune avec les musulmans

Les manifestations interreligieuses ou les prières " multireligieuses " ne peuvent pas recevoir notre appui, car les professions de foi en Dieu sont trop différentes. Elles feraient croire à une unité et à un accord de principe qui n'existent pas. La Bible n'offre aucun ancrage pour la pratique d'une prière interreligieuse, ni dans l'optique d'un rituel commun, ni dans le sens d'un rapprochement entre personnes de différentes religions. Si des chrétiens participent à des prières ou des fêtes interreligieuses, ils s'avancent trop dans le respect de la foi des autres et mettent indirectement en doute la signification du salut universel de leur foi.

Les musulmans convaincus comprennent très clairement cette différence. Ils ne peuvent pas prendre part à des réunions où le Dieu trinitaire est prié. S'ils devaient tout de même y participer, leur démarche pourrait contenir l'espoir que les chrétiens s'approchent de l'islam et qu'ils deviennent tôt ou tard musulmans.

Lors de contacts personnels (par exemple la visite de malades), les chrétiens peuvent prier avec et avant tout pour les musulmans. Cette démarche est généralement appréciée.


4.7. Les mariages entre chrétiens et musulmans

Les mariages entre chrétiens et musulmans sont par principe déconseillés, car la foi, les pratiques religieuses et la compréhension du mariage sont trop différentes. Lorsqu'un mariage est néanmoins envisagé, il faudrait renoncer à une bénédiction à l'église. Si pour les chrétiens la promesse de fidélité des époux reflète la fidélité de Dieu dans son alliance avec les hommes, telle que présentée par la Bible, dans le mariage islamique, la fidélité n'est pas un fondement inconditionnel. Une prière prononcée pour le couple durant le culte dominical présente également une difficulté, liée au fait qu'elle peut être comprise comme une bénédiction des engagements devant Dieu.

Selon la conception islamique, il n'y a pas de réciprocité. Le mariage d'un musulman avec une chrétienne est permis. Inversement le mariage d'un chrétien avec une musulmane est impensable. Il est vivement recommandé, à tous ceux qui veulent s'engager dans un tel mariage, de s'informer avec précision et de préparer un contrat écrit pour leur future union. Il est primordial de consulter un office compétent pour ces questions. Les chrétiens qui décident malgré tout d'entrer dans une union islamo-chrétienne devraient se réserver le droit de rester membre d'une communauté chrétienne ou d'une Eglise et de pouvoir donner une éducation chrétienne aux enfants. L'Eglise locale devrait prendre soin du couple. Selon le droit suisse, chaque partenaire est autorisé, dans tous les cas, à pratiquer librement sa propre religion.


4.8. Les vêtements

Les prescriptions vestimentaires des musulmans dépendent à la fois de la culture, de la tradition et de la religion. Selon leur degré de rigueur religieuse et leur conception personnelle, certains sont prêts à se conformer à la nouvelle culture vestimentaire européenne. Pour ces raisons, des tensions peuvent surgir dans beaucoup de familles musulmanes (par exemple, le voile doit-il être porté, oui ou non). De toute manière, le port du voile apparaît comme étant un des problèmes majeurs dans les relations humaines en Europe.

Nous sommes d'avis que les musulmans ont la liberté de respecter leurs propres règles vestimentaires. La façon de s'habiller des femmes musulmanes ressemble à l'habit porté par les nonnes ou les diaconesses, ce qui est accepté par notre société. Toutefois, les musulmanes voilées devraient être prêtes à se soumettre aux exigences suisses, comme pour la prise de photos passeport. Des raisons de sécurité peuvent également empêcher le port de vêtements longs sur la place de travail. Un problème aigu apparaît à l'école quand, par exemple, une jeune fille musulmane n'est pas autorisée par ses parents à se mettre en costume de bain et à prendre part aux leçons de natation à la piscine. Pour cela des solutions individuelles doivent être trouvées, dans le dialogue, entre les parents et l'autorité scolaire.

 

5. Attentes à l'adresse de différents groupes de personnes


5.1. L'Etat, les politiciens, les autorités

Les politiciens et les autorités sont invités à mieux s'informer au sujet de l'islam et le cas échéant à se laisser conseiller par des spécialistes. De manière fondamentale, il faut reconnaître que la loyauté première des musulmans appartient à la communauté mondiale de l'islam (Umma) et non pas à un Etat libéral comme la Suisse. Les politiciens devraient insister pour que les Etats islamiques reconnaissent le droit de changer librement de religion – dans les deux sens – et que ce droit soit appliqué. Nous demandons au Gouvernement suisse d'intervenir auprès des Gouvernements des pays islamiques pour que la liberté de croyance soit juridiquement reconnue et que son application soit garantie.


5.2. Les écoles et le corps enseignant

Le lieu où la vie commune s'exerce et s'apprend le mieux, c'est l'école. Mais elle est aussi le lieu de conflits potentiels. Diverses communautés scolaires sont confrontées à l'islam. La plupart des Directions cantonales de l'Instruction publique communiquent des recommandations écrites aux directeurs des écoles. Pour obtenir des renseignements, il existe également fréquemment un département pédagogique et un service juridique auxquels on peut s'adresser.

En fait, il n'y a pas de prestations scolaires auxquelles les filles et garçons musulmans ne pourraient pas participer. Le principe de l'intégration prévu par les écoles suisses doit être appliqué. Les désirs et les revendications des musulmans varient en fonction de leur culture et de leurs pratiques religieuses. On attend des enseignants et des autorités scolaires que les chrétiens et les musulmans soient traités sur un pied d'égalité.


5.3. L'économie

En Suisse, différents employeurs ont été confrontés par le passé à des pratiques musulmanes. Dans la plupart des cas, il s'agissait de l'observation de la prière du vendredi, du jeûne durant le Ramadan et des vêtements. Les revendications musulmanes, pour répondre à l'observation du mode de vie islamique, se feront connaître dans l'avenir de manière plus intense dans le secteur économique. Nous encourageons les employeurs à s'informer sur ces réalités et à trouver des solutions par un dialogue ouvert avec les musulmans. Cependant, nous recommandons de n'accorder aux musulmans que les concessions que l'entreprise concéderait aussi aux personnes professant une autre religion.


5.4. Les médias

Nous attendons des médias qu'ils informent, autant que possible, le public de manière objective et équilibrée quand ils traitent du sujet des musulmans en Suisse. Cela requiert des journalistes d'être bien informés. Dans les médias, les chrétiens et les musulmans doivent obtenir les mêmes droits pour présenter ouvertement leurs points de vue.


5.5. Les musulmans et les communautés islamiques

Les musulmans vivant en Suisse doivent être prêts à accepter de vivre selon les fondements de la démocratie et de l'Etat de droit. C'est la condition indispensable pour que des personnes vivent ensemble de manière autonome et dans la multiplicité culturelle. On peut attendre d'un imâm qu'il fasse le travail d'un médiateur et qu'il soutienne activement les efforts d'intégration. Il est important que l'imâm(20) maîtrise la langue locale du pays. De leur côté, les musulmans devraient apprendre à connaître la culture, la manière de vivre et la religion des Suisses. Pour cela les musulmans doivent aussi avoir l'occasion de connaître la foi chrétienne authentique.


5.6. Les Eglises et plus spécialement les chrétiens engagés

C'est le mandat des communautés et des Eglises que de former leurs membres pour qu'ils soient en mesure de partager la foi chrétienne de manière compréhensible aux musulmans. Pour atteindre cet objectif, il est nécessaire que des Bibles soient disponibles dans leurs diverses langues, de même qu'une bonne littérature apologétique. Les chrétiens doivent s'enquérir, en s'informant à de bonnes sources, de la religion et de la culture des musulmans et s'efforcer de les comprendre. Lors de dialogues(21) francs et ouverts, la proclamation de l'Evangile doit aussi avoir sa place. La communauté doit régulièrement se souvenir de son fondement et de l'unicité du salut en Jésus-Christ.

Les chrétiens, les communautés et les Eglises doivent insister sur le fait que les chrétiens des pays islamiques doivent pouvoir obtenir les mêmes droits que les musulmans en Suisse. Ce sera le cas par exemple en ce qui concerne la liberté de réunions ou la construction et l'infrastructure de lieux de culte. Les répondants pour ces questions sont les politiciens pour qui l’observance des Droits de l'homme constituent un sujet de préoccupation.

Les communautés doivent prier pour les chrétiens opprimés et persécutés dans les pays islamiques. Les chrétiens d'Europe doivent s'engager pour obtenir la liberté de culte et le bien-être des minorités chrétiennes dans les pays islamiques.

Les locaux d'une communauté chrétienne ne devraient pas être mis à disposition de groupes musulmans pour des fêtes religieuses, dans la mesure où des affirmations, souvent exprimées en arabe ou en turque, sont anti-chrétiennes. Il est à noter que l'utilisation de "locaux chrétiens", spécialement par des musulmans fondamentalistes, est une manière de se les approprier pour l'islam.

Avant tout, nous désirons encourager les chrétiens à prier pour les musulmans de notre pays, afin que beaucoup d'entre eux parviennent à la connaissance de la vérité (1Timothée 2. 1-6). Pour cela l'Esprit de Dieu doit illuminer leurs cœurs et leur entendement, de même que les nôtres. Nous souhaitons de tout cœur que les convertis trouvent dans nos communautés chrétiennes une ouverture pleine d'amour. A notre avis, les Eglises chrétiennes peuvent précisément contribuer de manière importante à l'intégration des musulmans en Suisse.

Document adopté par le Conseil de l’Alliance Évangélique Romande (AER)
Texte original: "Muslime in der Schweiz", publication SEA et VFG
Auteur principal: Andreas Maurer
Rédaction: Fritz Herrli
Groupe conseil: Ernest Geiser, Armin Keller, Hansjörg Leutwyler, Sam Moser
Conseiller juridique: Dr. Ulrich Friedrich
Traduction: Rose-Marie Ecuyer
Relecture: en équipe
© AER, mai 2001

 

Notes

(1) Si pour des raisons de simplification ce document retient plutôt les formes masculines, les femmes sont toujours inclues. Ici: enseignantes, employées, entrepreneuses et politiciennes.

(2) Environ 85% de tous les musulmans sont sunnites. Il y a cependant parmi les sunnites de nombreux groupes professant diverses doctrines. Celles qui sont citées dans cet exposé sont les plus répandues à notre connaissance.

(3) La laïcité: volonté de rendre les structures sociales indépendantes des conceptions religieuses

(4) Les chiffres du recensement 2000 ne sont pas encore connus lors de la rédaction de ce document. Selon le Bureau fédéral des statistiques, ils seront disponibles vers la fin 2001.

(5) Les Sunnites: contrairement aux Schi'ites, les Sunnites reconnaissent les quatre disciples de Mahomet: Abu Bakr, Umar, Uthman et Ali (qui sont des califes: chefs suprêmes de la communauté islamique; après la mort de Mahomet).

(6) Les Schi'ites se réclament seulement d'Ali (gendre et cousin de Mahomet). A leurs yeux, il en est le seul successeur légitime. Il détient et ses descendants après lui, le pouvoir politique et religieux. La doctrine diffère, dans bien des éléments, de celle des Sunnites fondamentalistes "Orthodoxes". Quelques points de discorde par exemple: la question de l'existence du Coran (a-t-il été créé en son temps ou est-il de toute éternité), la question de la culpabilité des hommes, la question de la prédestination accordée par Allah ou la responsabilité des hommes. Ainsi les Schi'ites, par leur diversité dans l'enseignement, sont divisés en de nombreux sous-groupes.

(7) Les Ahmadiyya: ne reconnaissent pas Mahomet comme le dernier prophète, mais le fondateur de leur mouvement Mirza Ghulam Ahmad. Des différences fondamentales de doctrine séparent ce mouvement des Sunnites. Les Ahmadiyya veulent propager l'Islam sans moyen violent, cependant ils sont très actifs au niveau missionnaire. Au Pakistan, dans leur pays d'origine, les Ahmadhiyya sont considérés comme des hérétiques et sont persécutés. C'est pourquoi, ils ont déplacé leurs activités vers les pays occidentaux. Là, ils jouissent de plus de liberté. Cependant même à Zürich, les Ahmadiyya ne sont pas membres de la Fédération des organisations islamiques / Vereinigung der Islamischen Organisationen in Zürich (VIOZ).

(8) Le soufisme: courant mystique de l'Islam né au VIIIème siècle en réaction à l'Islam "orthodoxe" qui s'est développé plutôt à l'Ouest. Cette mystique met l'accent sur la religion intérieure. Les mystiques apprennent à leurs élèves des formes bien précises de méditation. Par exemple: contrôler sa respiration par la répétition des noms de Dieu (d'Allah). Le but de ces exercices est de trouver en soi les illuminations de Dieu (d'Allah). On estime, aujourd'hui, qu'un musulman sur trois pratique cette mystique.

(9) Pornographie, avortement, divorce, perte des valeurs éthiques, accroissement de la violence, consommation de drogues, etc.

(10) La traduction arabe de Dieu est "Allah". L'image de Dieu dans le Coran diffère de celle de la Bible. C'est pourquoi quand l'appellation "Allah" est retenue dans ce document, c'est qu'il est question de la compréhension islamique.

(11) Cf. Sourate 61,11. Une des traductions françaises du Coran, celle de Chouraqui, a l'avantage d'être récente et comporte beaucoup d'explications.

(12) En complément aux cinq devoirs de l'Islam, il est parfois fait mention du sixième devoir de la Dchihad (la guerre sainte). Le Coran promet, à ceux qui meurent dans cette guerre, une entrée assurée au paradis (Sourate 61, 11-12).

(13) Il y a pourtant différents points de vue parmi les théologiens islamiques concernant la manière pratique de mener cette guerre.

(14) La shari'a (mot arabe signifiant le "chemin de l'abreuvoir") désigne la loi d'Allah qui s'applique à tous les aspects de la vie humaine. Elle comprend les devoirs touchant au culte (confession de foi, prière, jeûne, aumônes, pèlerinage à la Mecque), les normes éthiques et les lois touchant au droit fondamental dans tous les domaines de la vie: mariage, héritage, propriété, économie, sécurité intérieure et extérieure de la communauté. Elle découle de l'étude systématique des lois islamiques qui a commencé dès le 7e siècle jusqu'au 10e siècle et qui a été complétée par la sunna (règle de conduite) qui décrit les faits et gestes du prophète Mahomet qui doivent servir d'exemples à ses disciples. La shari'ia ne présente pas un code de lois, mais contient, d'après la conception musulmane, les écrits de l'ordre divin voulu (par Allah).

(15) L'unité entre la politique et la religion existait dans l'Islam déjà sous Mahomet au 7e siècle après J-C. Le guide, dans l'assemblée islamique, tenait aussi bien le pouvoir religieux que le pouvoir politique; et ses descendants (les califes) réunissaient les deux fonctions en une seule personne.

(16) L'article 8 de la Constitution fédérale.

(17) Cf. Sourate 4,34: "Les hommes sont supérieurs aux femmes, parce que Dieu leur a donné la prééminence sur elles et qu'ils les dotent de leurs biens. Les femmes doivent être obéissantes et taire les secrets de leurs époux, puisque le ciel les a confiées à leur garde. Les maris qui ont à souffrir de leur désobéissance peuvent les punir, les laisser seules dans leur lit et même les frapper. La soumission des femmes doit les mettre à l'abri des mauvais traitements. Dieu est grand et sublime."

(18) Le voile: Sourate 24,31; 33,59; la mise à l'écart: 33,53-55; la polygamie 4,3: 4,129.

(19) Que l'homme, qui a épousé plusieurs femmes, puisse toutes les traiter de la même manière est pratiquement impossible. Dans une telle communauté il y a souvent des problèmes.

(20) L'imâm est celui qui dirige la prière à la mosquée, c'est aussi le dirigeant de la communauté islamique.

(21) Pour les chrétiens le dialogue revêt trois formes: 1) apprendre à connaître d'autres personnes ; 2) porter la responsabilité commune de la construction de l'Etat, pour promouvoir la justice, la paix et la sauvegarde de la création ; 3) annoncer aux personnes d'autres religions la foi en Jésus-Christ.

 

Annexe

Bibliographie

Les ouvrages mentionnés ci-dessous donnent des informations plus détaillées. Leurs points de vue ne reflètent pas nécessairement en tous points ceux qui sont exprimés dans ce document !

Aldeeb A. Mariages mixtes entre Suisses et étrangers musulmans, Institut Suisse de droit comparé Lausanne 1996

Banon D., Müller D., Arkoun M. & Basset J.-C. Judaïsme et islam, dans le face à face avec le protestantisme, Labor et Fides, 1999

Basset J.-C. Quand nos voisins sont musulmans: analyses et perspectives chrétiennes, SOC, 1993

Basset J.-C. & autres Musulmans en Europe occidentale. Bibliographie commentée: la Suisse, Harmattan, 1996

Bernard R. Mahomet chez Calvin, image de l'islam à Genève. Etude de l'impact en terme de politique sociale, de la mosquée du Petit-Saconex sur son milieu d'implantation, la religion genevoise, Université Genève, 1993

Burkhalter S. La question du cimetière musulman en Suisse, CERA, 1999

Campbell W. Le Coran et la Bible à la lumière de l'histoire et de la science, Farel, 1994

Campiche R. Les minorités et la constitution de "religions civiles" en Suisse et en France, IES-FEPS, 1991

Collectif, dossiers: 1. Un regard sur l'islam 2. La tolérance dans l'islam 3. Fier d'être musulman 4. La place de la femme dans l'islam 5. Allah est-il Dieu? 6. Initier le dialogue avec les musulmans 7. Evangéliser en milieu musulman: principes de base, Sénevé, 1995-2000

Feldman L. La Bible et le Coran, Maison de la Bible, 1993

Gesche P. Annoncer Christ aux musulmans, M.E.N.A., 1993

Goldsmith M. La Croix et le croissant, Vida, 1993

Kaenel Y. von La population musulmane du canton de Neuchâtel: pour un dialogue entre les associations musulmanes et le canton de Neuchâtel, Bureau des Etrangers, 1996

Marsh, C. Le musulman mon prochain, Farel, 1992 (1977)

Moncarry C. La foi à l'épreuve, l'islam et le christianisme vu par un arabe chrétien, La Clairière, 2000

Parshall P. Musulman, mon voisin Deerfield, Vida, 1993

Pieri G. Les musulmans en Suisse romande face à la mort ou les choix impossibles, EESP Lausanne, 1995

Rochat D. & Alexander D. L'islam parmi nous, Itinéraires, 1994

Saint-Blancat C. L'islam de la diaspora, Bayard, 1997

Waardenburg J. Islam et Occident face à face, regards de l'histoire des religions, Labor et Fides, 1998

 

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