Foi chrétienne et homosexualité
Document de travail pour la discussion dans l'Église et la société
1. Contexte social
La société postmoderne n'admet plus qu'il y ait une vérité pour tous les hommes. En lieu et place d’une vérité universelle qui s'imposerait à tous, elle prône le pluralisme des vérités individuelles de toutes les minorités. Religion et éthique sont devenues des affaires privées. La société contemporaine ne reconnaît plus l'existence d'une Raison supérieure. Elle ne peut donc plus parler de valeurs acceptées par tous. La vie dans la société est déterminée par l'équilibre des intérêts particuliers concurrents. Chaque individu choisit son propre concept de vie, qu'il s'agisse de mode, de religion ou de pratiques sexuelles. Toute référence à des normes générales, toute critique du comportement individuel sont considérées comme une mise sous tutelle de l'individu, comme une ingérence inadmissible et comme une restriction apportée à son épanouissement.
Quiconque s'exprime sur le thème de l'homosexualité doit être conscient de ce contexte social.
2. Discussion dans l'Église
Au cours des dernières années, la question de l’homosexualité a été beaucoup discutée dans l’Église. Le débat n’a pas eu lieu prioritairement sur les questions de relation d’aide, mais sur la revendication des homosexuels de voir leur pratique acceptée, reconnue et même bénie par l'Église. À plusieurs reprises ces dernières années, des ecclésiastiques, aussi bien hommes que femmes, ont reconnu publiquement leur homosexualité personnelle. Un large courant au sein des responsables des Églises dites " officielles " et des théologiens s'efforce de ce fait de porter un regard éthique positif sur les unions homosexuelles. Pour les différents groupes homosexuels, il s'agit en fin de compte d’aboutir à ce que les partenariats homosexuels soient mis sur le même plan, juridiquement parlant, que le mariage.
3. Constatations
Les homosexuels vivent souvent dans des situations conflictuelles. Lorsqu'ils avouent ouvertement leur orientation, ils s'exposent à la discrimination et à l'incompréhension. Lorsqu'ils la cachent, ils vivent dans la peur qu'elle soit mise au jour, cette découverte s'accompagnant souvent de préjudices professionnels et sociaux.
Dans les couples homosexuels, il n'est pas uniquement question de sexualité; les partenaires expriment aussi le désir de vivre des relations personnelles et de pouvoir vivre ensemble. Les gens ayant un penchant homosexuel sont à la recherche d'une forme de vie dans laquelle ils trouvent proximité, compréhension et acceptation.
La vie de chrétiens qui ont une orientation homosexuelle est marquée par la tension entre ce qu'ils ressentent au plus profond d'eux-mêmes et les luttes à mener pour vivre conformément aux normes bibliques. Les chrétiens et chrétiennes qui vivent dans des Églises considérant la Bible comme autorité en matière de foi et de vie ne sont pas à l'abri de ces tentations. Malheureusement, leurs Églises ne leur témoignent pas toujours toute la compréhension nécessaire pour les luttes qu'ils affrontent. En plusieurs endroits, il existe une peur irrationnelle vis-à-vis de gens aux tendances homosexuelles et un désarroi pour leur venir en aide.
Il faut remarquer par ailleurs qu’il existe des personnes qui sont orientées sur les deux sexes (" bisexuelles ") ou sur les enfants (" pédophiles "), sans compter les personnes hétérosexuelles qui peuvent elles-mêmes rencontrer de sérieux problèmes d’identité sexuelle. Quelles que soient les problématiques, qu’il y ait une fixation homosexuelle ou non, la structure affective profonde de toutes ces personnes doit fondamentalement être évaluée de la même manière. Même dans le cas d’une orientation hétérosexuelle bien définie il apparaît des ruptures qui doivent être soignées et guéries pour que les conjoints puissent apprendre à communiquer entre eux dans l'amour. Cette réalité ne s’arrête pas aux portes des Églises et des organisations chrétiennes, mais se rencontre aussi en leur sein. Ces questions représentent pour tous les chrétiens un défi en matière de relation d’aide.
Ces remarques générales nous amènent à évoquer un double défi:
A. Le point de vue éthique
Le témoignage global de la Bible
Que ce soit pour la réflexion théologique ou pour la pratique de l’Église, l’ensemble du donné biblique s’impose comme autorité normative. Les différentes déclarations de l'Ancien et du Nouveau Testament concernant l'homosexualité sont unanimes et convergentes. Elles s'appuient toutes sur l'image biblique de l'être humain, créé dans une complémentarité homme-femme.
En étant fermement attaché à la Bible, on ne peut manquer d’être surpris de constater comment des théologiens et des responsables d'Églises jugent tout naturel de considérer certaines déclarations de la Bible comme temporelles, liées à une époque et à une culture, et donc dépassées et non pertinentes. D’aucuns voient dans cette attitude – qui met facilement de côté ce qui n'est pas du goût du lecteur pour conférer à d’autres passages une grande autorité - un traitement arbitraire de la parole biblique.
En procédant de la sorte, on amoindrit la doctrine anthropologique biblique, et on définit la créature humaine uniquement en termes d’être sexuel doué de la capacité d’aimer. La conception biblique de l'homme, à l’inverse, montre clairement qu’il y a complémentarité homme-femme (altérité), combinée avec la capacité de fécondité de l’union homme/femme. Sans cette donnée fondamentale qui parcourt toutes les pages de la Bible, on ne peut formuler d'anthropologie chrétienne correcte. La notion d’altérité, touchant au cœur même de ce que nous sommes, et incluant la reproduction de l'espèce, est fondamentalement niée dans l’homosexualité. En matière de sexualité, on ne peut donc considérer l’homosexualité comme une simple variante de l’hétérosexualité. Elle représente une expression de la sexualité contraire à l’hétérosexualité et implique par conséquent des conceptions opposées aux valeurs solidaires que sont la procréation, la complémentarité et la responsabilité. C'est pourquoi, vouloir mettre sur le même plan un partenariat homosexuel et un mariage hétérosexuel relève de l’impossibilité théologique.
L'Évangile nous apprend à bien distinguer entre la personne et son comportement. Dieu dit non au péché, mais accueille le pécheur en prononçant un oui salvateur. Cette parole s'applique à tous les pécheurs, et c'est une parole rédemptrice. C'est pourquoi le refus catégorique opposé aux pratiques homosexuelles doit s'accompagner d'un accueil franc des personnes ayant une orientation homosexuelle. De ce point de vue, l'Église de Jésus-Christ doit se différencier de ce qui se passe généralement dans le monde. Les intéressés ont souvent du mal à faire la différence. Les chrétiens doivent cependant souligner que leur refus de la pratique homosexuelle ne repose pas sur les préjugés du monde environnant, mais s'inspire des commandements et de l'amour de Dieu.
Le fait que certaines Églises s'éloignent du consensus séculaire de l'Église chrétienne quant à la conception de la sexualité humaine est lourd de conséquences.
B. Le point de vue de la relation d'aide
Un accompagnement résolu
De nombreuses personnes aux tendances homosexuelles ont été repoussées et blessées à la suite d'une condamnation hâtive et inconsidérée, ou d'exigences pour les guérir trop rapidement. Une relation d'aide superficielle n'est d'aucun secours. Une description à bon marché de ce que la personne ressent n'est pas plus efficace.
Le nombre de personnes qui désirent changer est beaucoup plus élevé qu'on ne le pense généralement. La réalité du style et du cadre de vie homosexuels est beaucoup plus tragique et brutale que certaines publications les décrivent. Beaucoup d'homosexuels souffrent de leurs pulsions et voudraient s'en affranchir. Dans ce domaine, la relation d'aide chrétienne ne peut pas se soustraire à sa responsabilité sans se rendre coupable. Dire aux homosexuels qu’ils n’ont pas besoin de changer, ou qu'ils n'ont aucun espoir de changer, c'est faire preuve de légèreté. Il suffit d'écouter le témoignage de chrétiens ex-homosexuels. Beaucoup se souviennent de la victoire profonde remportée sur leur style de vie d'autrefois et sur leur structure sentimentale. Ils voient dans la foi chrétienne un espoir de vie renouvelée. Mais c’est un cheminement qui se vit sur le long terme.
Il existe différentes thérapies qui permettent à des homosexuels d’être conduits pas à pas vers la guérison. L'accompagnement personnel avec invitation à la confession, à la franchise, à la persévérance, à l'intérêt sincère débouchant sur une amitié durable, est un complément important à ce que peut offrir le groupe en permettant à l'homosexuel d’expérimenter intimité et acceptation.
Les chrétiens doivent reconnaître qu'un grand défi leur est lancé, celui d'exprimer d'une façon toute nouvelle leurs principes éthiques dans la façon de vivre et de côtoyer les autres. Ils doivent se rendre compte que dans le domaine des questions éthiques et de la relation d'aide, les réponses simples ne servent pas à grand chose. Les vraies solutions émergent d'une réflexion profonde, de prières et d'un accompagnement concret.
Il est du devoir de l'Église de se tenir aux côtés des frères et sœurs dans la foi, avec patience et dans la solidarité de pécheurs avec les pécheurs. L’accompagnement de l’Église se concrétisera par les prières, les encouragements, la communion fraternelle et l'acceptation sans condition. Plus les chrétiens se côtoient ouvertement et portent les fardeaux les uns des autres, plus ils feront l'expérience de la transformation qu'opèrent la force et l'amour de Dieu. Les chrétiens doivent s'opposer énergiquement à tout rabaissement et à tout avilissement des homosexuels. Mais le fait de les estimer et de les aimer ne doit pas être interprété comme une approbation de leur style de vie.
4. La bénédiction de l'Église
Le culte est une bénédiction pour la communauté des pécheurs graciés. Dieu accorde sa bénédiction au pécheur qui reconnaît ses péchés, qui désire s’en détourner, et qui attend de lui sa consolation. La bénédiction divine est pour tous ceux qui cherchent leur justification en Dieu et non la justification de leur façon de faire. Dans ce sens-là, chaque culte est une bénédiction pour l'homosexuel comme pour tout autre pécheur. L'homosexuel a besoin de la bénédiction divine, et celle-ci lui est accessible. En revanche, il est impossible que la bénédiction de Dieu puisse reposer sur une union homosexuelle. L'Église ne peut pas bénir ce qui est visiblement contraire à la volonté de Dieu. Il en est de même d'une cérémonie d'intercession en faveur des homosexuels qui contractent une telle union.
L'Église doit tenir compte que, dans ce domaine comme dans d'autres, les écarts avec la norme biblique ne sont pas rares. Elle doit aller à la rencontre des personnes concernées en leur témoignant amour et compréhension. Mais elle doit aussi les appeler à la repentance et au changement de vie.
La réponse au problème que pose l'homosexualité ne consiste pas à rabaisser les exigences éthiques de la Bible, mais à encourager l'Église à accomplir pleinement son mandat en offrant un lieu de vie ainsi qu’un accompagnement spirituel et relationnel.
En conclusion, cette prise de position n’a pas pour but de condamner les homosexuels. Elle se veut garante de la liberté de chacun, y compris le droit au changement d’orientation sexuelle des homosexuels le désirant.
Document adopté par le Conseil de l'Alliance Evangélique Romande (AER)
Texte original: Christlicher Glaube und Homosexualität - Orientierungshilfe zur Diskussion in Kirche und Gesellschaft, publication SEA, 1995
Traduction et adaptation: Antoine Doriath et Jean-Paul Zürcher
Relecture: en équipe
© AER, mars 2003
Références bibliques
Même si tous ces passages bibliques pouvaient être interprétés comme liés à une époque et une culture données, l'ensemble de l'enseignement biblique souligne clairement cette donnée anthropologique fondamentale de la polarité homme - femme de l’être humain.
Genèse 1 et 2 - Romains 1:18ss
Lévitique 18:22 - 1 Corinthiens 6:9-11
Lévitique 20:13 - 1 Timothée 1:9-10
Quelques lieux d’accompagnement spécialisé :
En Suisse romande, les lieux où l'on propose un accompagnement spécifique pour les personnes confrontées à la question de l'homosexualité sont les suivants:
1) Association Torrents de Vie
- Groupe de Bussigny-Lausanne : Eliézer Martinez et Andrea Ostertag,
tél. 021 691 05 19
E-mail : lazare@freesurf.ch
- Groupe de Cossonay : Richard et Michèle Fosserat,
tél. 021 861 04 10
E-mail : rmfosserat@bluewin.ch
- Groupe de Genève : Michel et Christiane Czech,
tél. 022 311 95 14
E-mail : tdvrom@ekklesia.ch
2) Association Lifeline
- Maison St-Jean, av. de Cour 138, 1007 Lausanne,
tél.079 632 56 72
E-mail :
lifeline@minlife.com
Il existe par ailleurs plusieurs équipes de relation d'aide indépendantes en Suisse romande regroupées dans l'association Klemata (021 320 50 50) en plus de groupes d'écoute et d'accompagnement liés à des églises locales ou à des dénominations spécifiques. On trouve dans ces différents lieux des personnes qui ont suivi des séminaires de formation pour l'accompagnement de personnes en recherche d'identité.
Bibliographie sélective
Ouvrages recommandés par les lieux de relation d’aide
-
Bergner Mario, Aimer en vérité (Mont-Pèlerin : éd. Raphaël, 1995), 164 pp.
- Comiskey A., Vers une sexualité réconciliée (Palézieux : éd. Raphaël, 1993), 194 pp.
- Comiskey A., Vers une sexualité réconciliée, Manuel de travail (Palézieux : éd. Raphaël, 1994), 261 pp.
- Paulk John & Anne, L’amour libéré (Genève : éd. L’Eau Vive, 2002), 251 pp.
- Payne Leanne, L’image brisée (Mont-Pèlerin : éd. Raphaël, 19962), 204 pp.
- Payne Leanne, Crise de la masculinité (Mont-Pèlerin : éd. Raphaël, 19941, 20023), 188 pp.
- Payne Leanne, L’âme, cette oubliée (Mont-Pèlerin, éd. Raphaël, 19982), 350 pp.
Ouvrages récents en relation avec les débats internes aux Eglises
Les ouvrages ci-dessous sont représentatifs de divers milieux évangéliques. Ils ne reflètent pas nécessairement en tous points les avis exprimés dans le présent document, que ce soit sur le fond ou dans la forme. L’AES n’endosse pas la responsabilité des opinions émises.
Livres :
ACUTE (Commission de l’Alliance Evangélique Britannique pour l’unité et la vérité parmi les évangéliques), Foi, espérance et homosexualité (Romanel s/Lausanne : éd. Maison de la Bible, 2000), 88 pp.
Dallas Joe, Eglise et homosexualité, parlons-en, coll. L’amour libéré (Collorado Springs, éd. Objectif Famille, 2002), 15 pp.
Hatté Béatrice & Wheeler Pierre, Commission éthique de la Fédération évangélique de France, Homosexualité aujourd’hui (Dozulé : éd. Barnabas, 2001), 94 pp.
Johner Michel, La célébration du mariage étendue au PACS et au concubinage (Aix-en-Provence : éd. Kerygma, 2002) 26 pp
Paulk John, Réponses directes, mythes et réalités au sujet de l’homosexualité (Collorado Springs, éd. Objectif Famille, 2001), 25 pp.
Schmidt Thomas E., L’homosexualité, perspectives bibliques et réalités contemporaines, traduit de l’anglais par Sylvette Rat (Cléon d’Andran/Mulhouse : coéd. Excelsis/Grâce et Vérité, 2002) 251 pp.
Revue :
Les cahiers de l’école pastorale, hors-série no. 4, L’Église et la question de l’homosexualité (Paris : FEEB, décembre 2002), 52 pp.
Vidéo :
Les portes s’ouvrent, témoignages d’anciens homosexuels, réalisation Exodus International (Genève : éd. Librairie Robert Estienne, 2002), pal et secam, 30’
Annexe: lettre de l'Alliance Evangélique Romande
Département fédéral de justice et police
Office fédéral de la justice
3003 Berne
Loi fédérale sur le partenariat enregistré de couples homosexuels ; Prise de position de l’AES pour la procédure de consultation
Madame la Conseillère fédérale,
En date du 14 novembre 2001, vous avez envoyé en consultation le projet de loi sur le partenariat enregistré de couples homosexuels. L’Alliance Evangélique Suisse (AES) prend position de la manière suivante :
L’Alliance Evangélique Suisse rejette le projet de loi proposé en consultation.
Le projet de loi proposé ne correspond pas, dans sa teneur, au mandat confié au Conseil fédéral
Le Conseil fédéral, sur la base du résultat de la première consultation du 15 juin 1999, a mandaté le DFJP pour qu’il élabore un projet de loi dans le sens de la variante " partenariat enregistré avec des effets relativement autonomes ".
L’AES est d’avis que le projet présenté correspond en fait à la variante " partenariat enregistré avec des effets largement comparables au mariage ". L’AES refuse un fondement juridique s’apparentant au mariage pour les couples homosexuels.
Le projet de loi proposé sape l’institution du mariage et de la famille en tant que fondement de notre société
L’institutionnalisation légale d’un partenariat pour des couples homosexuels s’apparentant au mariage donne un mauvais signal et rend l’orientation des jeunes comme des adultes encore plus difficile dans un environnement de société déjà suffisamment complexe sans cela.
L’AES est d’avis que le projet de loi présenté affaiblit l’institution du mariage et de la famille et qu’il diminue, voire lèse, le devoir garanti constitutionnellement de protection à l’égard de la famille.
Le présent projet de loi ouvre la voie au mariage de couples homosexuels
Le projet de loi donne de mauvais signaux aux homosexuels souhaitant obtenir un partenariat qui soit identique au mariage, incluant le droit d’adoption. Le présent projet, avec ses effets s’apparentant au mariage, en ouvre la voie. La mise sur un pied d’égalité n’est qu’une question de temps.
L’AES est d’avis qu’une possibilité d’enregistrement simple au Contrôle des habitants permet de tenir compte de la plupart des homosexuels, peu nombreux, qui cherchent à donner un cadre juridique à leur relation. Elle demande donc au législateur de continuer à protéger l'institution du mariage et de la famille et ainsi de se désengager d’une loi s’apparentant au mariage. Ce qui n’est pas de même nature ne peut être traité de la même façon.
Le projet de loi est disproportionné en regard du faible besoin que l’on peut prouver
Ainsi que le montrent les statistiques, le besoin d’une minorité de personnes ayant une orientation homosexuelle de pouvoir bénéficier d’un fondement juridique pour leur relation de partenariat est faible. Si l’on estime que moins de 5% de la population a une orientation exclusivement homosexuelle, que de ces 5% seul environ 1% va revendiquer un enregistrement, et que les relations de partenaires homosexuels sont généralement de brève durée, alors on peut considérer que ce projet de loi est disproportionné.
L’AES reconnaît qu’il y a des hommes et des femmes homosexuels qui veulent placer leur relation dans un cadre juridique et qui veulent se porter réciproquement assistance et soutien. L’AES est d’avis qu’une possibilité d’enregistrement simple prend suffisamment ce besoin en considération.
Le présent projet de loi pourrait avoir un effet discriminatoire pour les homosexuels à la recherche d’un changement
Des études montrent qu’une tendance homosexuelle est réversible. Pour une personne en quête de conseils et de soutien pour changer, un partenariat s’apparentant au mariage va rendre sa démarche plus compliquée. L’élaboration d’une loi qui s’apparente au mariage, avec la reconnaissance implicite de l’homosexualité comme variante créationnelle, va accentuer la discrimination à l’égard des homosexuels qui entreprennent de changer.
L’AES est d’avis que la minorité des personnes ayant un penchant homosexuel ne doit pas faire l’objet de discriminations. Mais l’AES soutient de même qu’une minorité de cette minorité – à savoir ceux qui veulent changer – ne doit pas non plus faire l’objet de discriminations.
Le présent projet de loi est potentiellement discriminatoire à l’égard de personnes s’appuyant sur une éthique chrétienne
Des personnes et des groupes qui, sur la base de leur vision du monde, ne considèrent pas l’homosexualité comme une variante de la sexualité humaine, mais au contraire comme une rupture par rapport au projet de Dieu, voient aujourd’hui déjà leur liberté à soutenir publiquement une telle opinion restreinte. Avec un projet de loi qui s’apparente au mariage pour les couples de même sexe, l’homosexualité sera reconnue comme une variante de la sexualité humaine. Cela risque d’entraîner encore davantage de restrictions dans la liberté d’exprimer le point de vue contraire.
L’AES tient fermement à l’image chrétienne de l’être humain, à savoir qu’il est constitué de la polarité homme-femme. C’est pourquoi elle considère que la pratique homosexuelle ne correspond pas au plan créationnel divin. Elle déconseille ainsi aux chrétiens d’accorder une bénédiction religieuse à des partenaires homosexuels. Avec de nombreux psychiatres et psychothérapeutes, l’AES est convaincue que l’homosexualité n’est pas irréversible. C’est pourquoi elle recommande à l’égard des personnes qui, ayant des penchants homosexuels, souhaitent changer, de les accompagner dans une relation d’aide pleine d’attention. L’AES attend du législateur qu’il accorde, aux personnes et aux groupes qui, en raison de leur vision du monde, considèrent que l’homosexualité n’est pas une variante de la sexualité humaine mais une rupture par rapport au projet divin, la pleine liberté d’exprimer publiquement leur point de vue.
Zürich, le 27 février 2002 Alliance Évangélique Suisse
Hansjörg Leutwyler, secrétaire général
Commentaire
L’instauration d’un partenariat enregistré doit permettre aux couples de même sexe de donner un cadre juridique à leur relation. Selon le communiqué de presse du Conseil fédéral le 29 novembre 2002, " la reconnaissance par l’État des couples de même sexe devrait contribuer à mettre fin aux discriminations et à éradiquer les préjugés ".
Les étapes préalables :
- Le 15 juin 1999, le Département fédéral de justice et police (DFJP) met en consultation le rapport sur la situation juridique des couples homosexuels en droit suisse. L’AES envoie une prise de position le 16 septembre 1999.
- Les participants à la procédure de consultation admettent la nécessité d’une intervention législative en faveur des couples homosexuels. Le 25 octobre, le Conseil fédéral charge le DFJP de préparer un projet de loi sur le partenariat enregistré.
- Le 14 novembre 2001, le Conseil fédéral envoie en consultation le projet de loi sur le partenariat enregistré. L’AES envoie une prise de position le 27 février 2002.
- Le 26 juin 2002, le Conseil fédéral prend acte des résultats de la procédure de consultation et donne mandat au DFJP d’élaborer un message d’ici la fin de l’année.
- Le 29 novembre 2002, le Conseil fédéral adopte le message relatif à la loi fédérale sur le partenariat enregistré entre personnes du même sexe.
Informations complémentaites : www.ofj.admin.ch/themen/glgpaare/intro-f.htm
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